

''Les dangers du canal'' par Annie Binette
(Ronald Hayes, propriétaire du Garage Ronald Hayes)
C’est une histoire le canal là… Moi je suis venu au monde à la maison et c’était la beauté du comté ça le canal dans le temps. Entendu que le canal était éclairé à la grandeur longue : à tous les 1 000 pieds il y avait des poteaux de lumières. Ca arrivait dans le temps des fleurs un moment donné, un bateau passait à chaque écluse et mettait des fleurs partout, le gazon était coupé, en tout cas. Il s’est passé beaucoup de choses sur le canal.
(Christian Dumas, directeur du service de la sécurité incendie)
Mon nom est Christian Dumas, je suis le directeur du service de la sécurité incendie pour la municipalité de Pointe-des-Cascades. Des incidents il y en a environ deux par année si on fait une moyenne. C’est pas toutes des noyades, il y en a qui s’en tirent très bien, mais au niveau des noyades l’âge moyenne joue entre 20 et 50.
(Ronald Hayes)
Un soir j’étais sur le terrain avec mon cousin, tout d’un coup je vois un gros flash. Juste ici devant la porte. On est partis, on a monté à la course, le char a commencé à caler. Il calait pas alors on a sorti le monsieur. On l’a amené dans la maison et on a appelé la police, les ambulances sont venues. Ça a resté là, ça faisait deux trois mois et j’avais pas de nouvelles. Une bonne journée le monsieur revient et dit : ‘’C’est moi qui a tombé dans le canal’’. Je lui ai demandé ce qui s’était passé. C’est là qui m’a conté qu’il était diabétique. Y’avait pogné un flash pis y savait pu où il s’en allait.
Depuis qu’ils ont mis la piste cyclable, c’est beaucoup moins pire. À cette heure ils ont mis de la clôture un peu tout partout, ils ont barré pas mal d’entrées. Après ça des cadavres on en a sorti en voulez-vous en voilà. Du monde qui s’étaient garrochés à l’eau, des accidents, quoi que ce soit : c’était fréquent. Il y a plusieurs années de ça, quand la route principale passait là, il y a eu des gros accidents. Il y a des familles complètes qui ont péri dans les autos. Les dernières qui ont eu, c’est la police est venue, ils ont fait venir les équipes de la sûreté.
(Christian Dumas)
Souvent c’est un travail conjoint avec la SQ et les paramédics. Oui, souvent on arrive les premiers, mais on a besoin de la Sûreté du Québec pour certains aspects de l’intervention. Je vais avoir besoin peut-être de la Garde Côtière pour d’autres aspects, donc c’est toujours un travail d’équipe, peu importe le type d’intervention.
(Ronald Hayes)
Une autre fois, cinq américaines, les cinq se sont noyées. C’est arrivé dans le mois de mai il y a longtemps de ça dans le tour du 24. Quand il y avait eu (on appelait ça) la Fête de la Reine, elles étaient venues à Montréal elles s’en retournaient. Au coin de Saint-Emmanuel, ici, y’a un gars qui était sorti qui les avait frappées. Le char a revolé dans le canal, personne sortait. On a sorti les autos. Il y avait 5 sacoches, mais y’avait juste 4 personnes dans le char. J’ai encore les photos de ça ici. Dans l’après-midi on était retournés. Ils ont retrouvé le corps. Elle avait voulu sortir pis le char lui avait tombé dessus. C’était toutes des filles dans la vingtaine.
(Christian Dumas)
Au niveau de la sensibilisation qui est faite en permanence sur les sites par des indications qui sont clairement là ‘’Baignade interdite’’, il y en a partout. Le service de sécurité incendie fait des patrouilles sur le cours d’eau. On essaye de les prévenir quand on se promène pour qu’ils évitent de sauter. La sûreté du Québec fait une présence qui est régulière, mais malgré tout ça, c’est un site qui est utilisé beaucoup par les jeunes. Souvent ils se rencontrent là. Malheureusement ils font des petits feux de camp, ça prend un verre, ça mange, ça fait des piques-niques, ils en profitent dans la période chaude et ils vont sauter. Parce que, encore là, ça représente un certain ‘’thrill’’ si on veut.