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La grossesse en esclavage

Bett «enceinte et proche de son terme»

L’esclavage suppose une mise à disposition entière du corps des personnes asservies à leur maître. En plus du travail domestique, les abus et les violences sexuelles envers les femmes esclaves étaient généralisées et banalisées.

L’appropriation par le maître était totale et les enfants nés de ces violences sexuelles devenaient propriété du maître. La reproduction était donc aussi exploitée. Même l’allaitement, produit de la reproduction, était susceptible d’être exploité dans le monde atlantique, de nombreuses femmes esclaves servant de nourrices aux enfants «légitimes» du maître.

Légende: Gouvernante et bébé, copie réalisée pour Mme Farquharson en 1868. I-31290.0.1 © Musée McCord

Le contrôle du corps des femmes

Le contrôle du corps des femmes, en particulier des femmes racisées, et de leur reproduction s’est poursuivi bien au-delà de l’esclavage, et fut l’objet de politiques publiques racistes. Entre autres, la stérilisation forcée des femmes racisées et autochtones de même que le placement forcé des enfants autochtones en orphelinats, en pensionnats ou dans des institutions publiques ont eu cours jusqu’à tout récemment au Canada.

La question du consentement

Parmi les droits fondamentaux se trouve en tête de liste le droit à la vie, à la sureté, à la liberté et à l’intégrité de sa personne. Inaliénables, les droits humains garantissent à chaque personne le pouvoir de décider pour son propre corps, incluant pour sa sexualité et sa reproduction, sans contraintes extérieure ou crainte de représailles.

Le consentement n’est valide que s’il est offert librement. Ces protections sont particulièrement importantes pour les femmes, du fait des enjeux liés à la santé reproductive et à la liberté de choix en matière de contraception, de grossesse, d’accompagnement lors de la naissance et de l’allaitement.

Traite humaine et stérilisations forcées

Malgré ces protections juridiques, la traite humaine existe toujours, ciblant particulièrement les femmes et fillettes racisées, et les stérilisations forcées sont encore pratiquées sur des populations autochtones et racisées.

Au Canada, les derniers cas répertoriés de stérilisation forcée de femmes autochtones datent de 2018.