
Thomas Baillairgé (1791-1859) Charles Baillairgé (1826-1906)
Thomas Baillairgé et son petit-cousin Charles descendent d’une remarquable lignée de sculpteurs, peintres et architectes québécois qui a laissé son empreinte dans le patrimoine religieux du Bas-Saint-Laurent.
Thomas Baillairgé
Né en 1791, Thomas Baillairgé s’initie avec son père François à la sculpture et à l’architecture. Aidé par son ancien professeur au Séminaire de Québec et vicaire général, l’abbé Jérôme Demers, il devient l’architecte attitré du diocèse de Québec. Il participe ainsi à tous les projets de construction de couvents et d’églises de la région entre 1820 et 1850, dont le séminaire de Nicolet et la basilique-cathédrale de Notre-Dame-de-Québec.
Thomas Baillairgé adopte l’unité architecturale de son père, pour qui l’intérieur et l’extérieur doivent être conçus en harmonie. Il développe en parallèle le style néoclassique québécois, en croisant le néoclassicisme anglais avec les techniques traditionnelles du Bas-Canada. Ses églises à deux tours-clochers symétriques feront sa signature. Son langage architectural lui survivra, après son décès en 1859, grâce au rayonnement de ses élèves, dont Louis-Thomas Berlinguet et son petit cousin Charles Baillairgé.
Charles Baillairgé
Ce dernier est de 35 ans son cadet. Né en 1826, Charles-Philippe-Ferdinand Baillairgé démontre tôt son esprit inventif, en construisant à 17 ans une voiture à vapeur avec laquelle il se promène sur les pavés de Québec. Il s’agit peut-être de la première en Amérique du Nord. Brillant et créatif, ce représentant de la quatrième génération ne se contentera pas de suivre la parade de ses aïeux.
Après s’être formé auprès de Thomas, qui gérait un atelier avec des apprentis et mettait à disposition sa splendide bibliothèque, Charles ouvre son bureau à Québec vers 1846. Les premiers projets qu’on lui confie sont l’église Saint-Jean-Baptiste et la chapelle des Sœurs de la Charité de Québec, en 1850. Il prend vite ses distances de l’architecture néoclassique pour toucher à un large éventail de styles. Ses quelque 200 plans d’églises, de résidences, de magasins et d’édifices publics introduisent des éléments gothiques, égyptiens, grecs ou de modernisme américain. Il est le premier à utiliser des charpentes en fer dans la construction des deux plus gros bâtiments de l’Université Laval, dont le pavillon principal. Pendant deux ans, il supervise le chantier des édifices du Parlement canadien.
En tant qu’ingénieur municipal de 1866 à 1898, cet homme au fort caractère change le visage de la ville de Québec. Charles Baillairgé propulse la capitale dans la modernité, créant par exemple les escaliers entre la haute et la basse ville ainsi que la terrasse Dufferin, dont il conçoit les kiosques. Reconnu aux États-Unis et en Europe pour ses prouesses techniques, scientifiques et littéraires, il décède d’une longue maladie en 1906, à 79 ans. De ses 20 enfants, au moins un a perpétué la prolifique lignée en devenant ingénieur municipal à son tour.
Quelques-unes de leurs réalisations au Bas-Saint-Laurent :
François Baillairgé
- Église Notre-Dame-des-Neiges de Trois-Pistoles: maître-autel de la chapelle (début 1800)
Thomas Baillairgé
- Église de Saint-Germain de Rimouski : tabernacle (1833)
- Église de Saint-André : tabernacle et maître-autel
- Église de Saint-Simon : plans (1831-1836)
- Église de Sainte-Luce : décor intérieur (1845-1850)
- Église de Notre-Dame-du-Portage : plans (1859-1862)
- Église de Saint-Georges de Cacouna : décor intérieur
Charles Baillairgé
- Église de La Décollation-de-Saint-Jean-Baptiste de L’Isle-Verte : plans extérieurs (1846-1955)
- Église Saint-Patrice de Rivière-du-Loup : plans extérieurs (1855-1856)

