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Projets d'agrandissement

L’un des premiers services proposés à Marguerite est l’œuvre de Jéricho (1748) pour recevoir les filles condamnées en correctionnelle. Ce service lui occasionne bien des soucis à cause de l’incompréhension de l’intendant Bigot. Viennent ensuite les personnes âgées des deux sexes, les infirmes et les déficients mentaux. Puis, suivent les soldats blessés, les prêtres malades et l’accueil quotidien des itinérants. La guerre de Sept Ans (1756-1763) a laissé un nombre très élevé d’enfants nés hors mariage dans Ville-Marie. De 1754 à 1771, l’hôpital recueille 335 enfants abandonnés. Les enfants étaient d’abord mis en nourrice puis logés à l’institution.
Dès 1758, en raison du nombre croissant de nécessiteux, Marguerite d’Youville planifie un agrandissement de l’hôpital. Elle demande à M. Étienne de Montgolfier, p.s.s., de dessiner le plan d’une deuxième aile à être située à l’est de la chapelle.
Portrait de Monsieur Étienne Montgolfier, p.s.s., attribué à Philippe Liébert, huile sur toile, c. 1790, Collection des Sœurs grises de Montréal, 1973.A.020.

Les plans qu'on peut voir sur le rouleau de papier de la peinture seraient ceux de l'Hôpital général ou ceux de l’aile en projet de construction pour l’agrandissement de celui-ci.
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Projets pour l’agrandissement de l’Hôpital Général, M. Étienne de Montgolfier, p.s.s. (1712-1791), 1758, ASGM, L001.

Les fondations sont mises en place mais la construction ne peut se réaliser à ce moment à cause des difficultés suscitées par la guerre de Sept Ans (1956-1963) et la capitulation qui plongent le pays dans cinquante années d’austérité et de disette. L’Hôpital Général perd les créances et les rentes du gouvernement français. Le revenu des ouvrages pour les troupes françaises disparaît. Le départ des familles riches tarit la principale source d’aumône. La misère est partout.

L'incendie

Le 18 mai 1765, un violent incendie détruit l’hôpital. Seuls les murs demeurent debout. À l’abbé de L'Isle-Dieu, elle écrit : « Priez, mon cher Père, que Dieu me donne la force de bien porter toutes ces croix et d’en faire un saint usage. En voilà bien à la fois : perdre son Roi, sa Patrie, son bien. » Mère d’Youville invite ses sœurs à une prière de louange et décide de rebâtir. Avec l’aide du Séminaire de Saint-Sulpice, M. Étienne de Montgolfier, p.s.s., lui avance des fonds et elle commence la reconstruction et ajoute un étage au bâtiment. Sa hâte de reconstruire l’hôpital après l’incendie est l’expression de l’urgence de dire et redire « en actes » aux démunis l’infinie tendresse du Père Providence, c’est sa mission d’amour ! Elle est hébergée avec ses sœurs et ses pauvres par les sœurs de l’Hôtel-Dieu jusqu’à la fin de l’année. Sept mois après l’incendie, les pauvres peuvent enfin regagner leur logis.
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Sœur Marie-du-Rédempteur, s.g.m., Marguerite d'Youville et l’incendie du 18 mai 1765, huile sur toile, 1929, Collection des Sœurs grises de Montréal, 1974.A.106
Entre 1800 et 1831, la population de Montréal passe de 8 000 à 27 000 habitants. Cette croissance rapide exerce des pressions en faveur de l’agrandissement de l’hôpital. En 1820, grâce au travail persévérant de M. Thavenet, p.s.s., l’Hôpital Général recouvre les capitaux placés autrefois en France. Cette somme importante permet à Mère Marguerite Saint-Germain-Lemaire, supérieure générale, de procéder au premier agrandissement de l’hôpital. Le nouvel édifice, situé à l’est de la chapelle, repose sur des fondations datant de 1758. Avec cet agrandissement, l’Hôpital Général prospère et développe ses œuvres de charité. La nouvelle aile, appelée « aile des pauvres », accueille deux cents personnes. En 1847, un deuxième agrandissement prend place, au nord de l’aile transversale. Mère Élisabeth McMullen exprime ainsi son souci pour la santé des pauvres et des sœurs. En effet, le premier étage est occupé par les services de santé. En 1851, les locaux du noviciat sont agrandis au sud de l’aile transversale. Ce dernier agrandissement est effectué durant le mandat de Mère Rose Coutlée, supérieure générale.