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Biographie de Etran Finatawa (Niger)

Relevés de danses et de chœurs, leur blues nomade aux syncopes fulfuldes et tamasheks a été nominé du BBC3 World Music Award. Entourés de Touaregs, ces Peul-Wodaabes, qui depuis 22 ans symbolisent les Nuits d’Afrique, sont les «étoiles des traditions». Carrefour entre le monde arabe et les cultures subsahariennes, le Niger ne compte pas moins de onze groupes ethniques différents parmi lesquels : deux peuples nomades à l’héritage culturel très riche, les Touaregs et les Peul-Wodaabes (dont l’image se retrouve sur le logo du Festival international Nuits d’Afrique). Constitué de musiciens touaregs et de musiciens wodaabes (reconnaissables à leurs surprenantes peintures faciales), le groupe Etran Finatawa propose une rencontre entre ces cultures qui même si elles se côtoient, sont très différentes. De ce mélange riche et impétueux, il en ressort une musique particulière et fascinante. Malgré un héritage et une langue différente, ce sont tous des nomades du Sahel qui partagent à la fois la beauté et la rudesse de leur environnement naturel. Les Touaregs y apportent leur blues du désert, leurs guitares électriques guidant la caravane de chants et de percussions. Les Wodaabes y apportent leurs mélodies lancinantes, cette espèce de longue plainte qu’ils partagent à plusieurs voix tant dans leurs chants de guérison que dans ceux de séduction ou encore dans leurs pratiques pastorales. Les Étoiles du Désert (Etran Finatawa), comme ils ont choisi de s’appeler, enchaînent les dialectes fulfudes (peuls) et tamasheks (touaregs), jouent de la guitare électrique, des calebasses, et des akayweres (une percussion attachée à la cheville, les chants polyphoniques woodaabes) et nous livrent le rythme lancinant de la marche des chameaux, le tout sur fond de rythmes hypnotiques et blues. Sur scène, ils font appel à la réconciliation, à la paix et à la solidarité des peuples. Flamboyants grâce à la danse, mais aussi à la beauté des costumes traditionnels, les turbans indigos des Touaregs se fondent au milieu des tuniques brodées, des plumes d’autruche et du maquillage aguichant des peuls. Depuis sa création en janvier 2004, le groupe qui joue régulièrement à Niamey et à travers tout le pays, a été invité au Festival du désert d'Essakane au Mali. Avant de se produire au Maroc, sur les dunes de la mythique cité de Rissani-Mergouza à l’occasion de la deuxième édition du Festival des musiques du désert, il a été reçu par le roi Mohammed IV. De 2005 à 2007, Etran Finatawa, qui a tourné en Allemagne, en Hollande, en Suisse, en Australie, en Nouvelle-Zélande, au Brésil ainsi qu’à Singapour, a aussi été nominé dans la catégorie «newcomer» du BBC3 World Music Award.