

Une réalisation technologique avant-gardiste
Cette petite centrale hydroélectrique, communément appelée le Petit pouvoir des Cèdres, est l’une des quatre centrales hydroélectriques érigées avant 1900 qui subsistent encore aujourd’hui au Québec. Elle témoigne de manière remarquable des débuts du développement hydroélectrique dans la province.
Dès le dépôt de sa proposition pour la construction du canal de Soulanges en 1890, Thomas Munro (1831-1903), l’ingénieur responsable de ce grand projet, suggère l’édification d’une petite centrale hydroélectrique qui permettrait d’électrifier les opérations du canal pour en accroître l’efficacité.
Construite entre 1898 et 1899, la centrale est située à l’intersection du canal et de la rivière à la Graisse à Les Cèdres. Ce site, choisi en raison de la dénivellation de près de 6 mètres entre le canal et la rivière, permet de produire la force hydraulique nécessaire au fonctionnement des turbines.
Sous la direction de Thomas Monro, le développement des systèmes hydrauliques est confié à l’ingénieur Alva Cecil Rice (1844-1920), dont l’expertise est reconnue à travers l’Amérique du Nord.
L’architecture du bâtiment est confiée à l’architecte québécois Louis-Auguste Amos (1869-1948).

Le contrat de construction de la centrale et de l'électrification est attribué à la Canadian General Electric Company en janvier 1899, soit seulement dix mois avant l'ouverture officielle du canal.
Ainsi, il faut attendre le printemps 1901 pour voir les lampes à arc (lampadaires) éclairer le parcours, et le printemps 1902 pour que les écluses et les vannes soient actionnées par des moteurs électriques.
À l'époque, le site comprenait cinq autres bâtiments, dont quatre maisons destinées au personnel et un atelier/écurie. Aujourd’hui, seuls la centrale et l’atelier subsistent.

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