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Chutes

L’une des caractéristiques les plus remarquable du fleuve Saint-Jean est certainement les chutes de Grand-Sault. Il est impossible de rendre justice à la splendeur des chutes avec une simple description ou illustration. Elle fait soixante-quinze pieds (75') de chute directe suivi de quarante-cinq pieds (45') de cascades.


Les chutes principales sont presque verticales. À leur base, il y a un fragment de roche sur lequel l’eau gronde sans cesse et d’où s’élève une dense colonne d’embruns. Lorsque les rayons du soleil illuminent les embruns dansants, un arc-en-ciel scintille au-dessus des eaux sauvages et écumantes.


C’est au printemps que le volume des chutes est à son apogée, avec en moyenne, 1650m³/sec.

Pendant cette saison, le fleuve Saint-Jean déferle sur une corniche rocheuse, puis plonge impétueusement dans la gorge avec un rugissement assourdissant, offrant un spectacle palpitant. Lorsque le débit est à son maximum, l'eau peut s'élever jusqu'à la végétation le long des parois de la gorge.

peinture : Grand-Sault, Nouveau-Brunswick, v. 1890. John Christopher Miles (1832-1911), huile sur toile. Don de Louise Gertrude Krohn, en mémoire d’Isabel Higgs Duncan Dean, 1943 (1943.98)

Au printemps, l'équivalent de 90 % du volume des chutes du Niagara peut passer par la cataracte à Grand-Sault, ce qui en fait la deuxième chute d'eau au débit maximum le plus élevé au Canada.


Pendant la saison sèche, les chutes elles-mêmes peuvent être décevantes pour certains en raison des faibles niveaux d’eau. Cependant, ce faible débit d’eau expose les formations rocheuses des chutes et de la gorge, ce qui est assez fascinant. Pendant ce temps, seul le ruissellement de la rivière Little descend le gouffre, se frayant un chemin entre les rochers exposés au soleil en une série de petites cascades.

L'histoire des chutes

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Voici comment tout a débuté

Les chutes de Grand-Sault se sont formées à la suite d'une très longue histoire géologique, qui commence il y a des centaines de millions d'années.


Elle sont le résultat d'un détournement postglaciaire du fleuve et d'un processus d'érosion survenu à la suite d'une série d'avancées et de reculs glaciaires lors de la glaciation du Wisconsinien supérieur.


Série d'événements:

  • Accumulation de glace et remplissage de la vallée

Pendant la dernière grande période glaciaire, la région a été recouverte de glace à deux reprises. D'abord par des glaciers venant de différentes directions, puis par une immense masse de glace couvrant la chaîne des Appalaches.


Avant la fin de cette glaciation, la vallée du fleuve Saint-Jean était remplie d’une grande épaisseur de dépôts, parfois jusqu’à 60 mètres.


Ces dépôts comprenaient des sédiments transportés par les lacs et rivières formés par la fonte des glaciers, et un till glaciaire, c’est-à-dire un mélange de roches, sable et argile laissé directement par la glace.


Quand la glace a fondu, le fleuve a dû trouver un nouveau chemin, ce qui a façonné le paysage que l’on voit aujourd’hui.


  • Retrait des glaciers et soulèvement du sol

Quand les glaciers ont fondu et se sont retirés, le sol, qui avait été écrasé par leur poids, a lentement remonté, un peu comme un matelas qui reprend sa forme après qu’on se lève.


Ce soulèvement du terrain a changé le chemin de l’eau. Le fleuve Saint-Jean, qui coulait autrefois vers le nord, s’est mis à couler vers le sud, là où il s’écoule encore aujourd’hui.


  • Une vallée bloquée et un nouveau chemin pour le fleuve Saint-Jean

À Grand-Sault, l’ancienne vallée du fleuve Saint-Jean avait été remplie de matériaux laissés par les glaciers.

Quand le fleuve a commencé à couler vers le sud, il n’a donc pas pu reprendre son ancien trajet.

Il a plutôt emprunté une petite vallée voisine déjà creusée dans la roche, aujourd’hui appelée Falls Brook.


  • Formation des chutes et de la gorge

Le fleuve a commencé à éroder le roc, formant la profonde gorge et les chutes de Grand-Sault telles que nous les connaissons aujourd'hui. Depuis, les chutes on légèrement reculé vers l’amont (de moins d'un kilomètre) en raison de l'érosion continue. Au sud des chutes, des terrasses d'érosion se sont développées le long du fleuve, accompagnant l'approfondissement progressif de la gorge.

Fiouff, ça c'était de l'information à emmagasiner!

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La première description écrite des chutes de Grand-Sault :

Voici la description des chutes telles que vues par Mgr de Saint Vallier lors de son passage en 1686. La description est parue dans "Estats présents de l'Église et de la colonie Française dans la nouvelle France" publié en France en 1688 et par la suite à Québec en 1856.



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Monseigneur Jean-Baptiste de La Croix De Chevrières De Saint-Vallier, Évêque de Québec, 1686

Aperçu du périple de Saint-Vallier en Acadie

Le premier séjour de l’abbé Saint-Vallier au Canada dura dix-huit mois. Au printemps 1686, il partit en direction de la lointaine Acadie, accompagné de deux prêtres et d’une petite escorte.

Sans même attendre la fonte des glaces, ils passèrent de rivière en rivière, de lac en lac. Il leur arriva même parfois de devoir briser la glace pour faire passer les canots. Pendant un certain temps, ils crurent même mourir de faim. Puis vint l’été, avec ses piqûres de moustiques insupportables et sa chaleur étouffante. Partout où ils rencontrèrent des Français ou des Autochtones, l’évêque Saint-Vallier prêcha, catéchisa, blâma et loua. Il mangeait peu, dormait à peine, et travaillait sans relâche.


Vous trouverez un monument en son honneur dans le parc O.B. Davis, situé sur la droite après avoir traversé le pont Ron Turcotte.

C'est l'un des très rares monuments historiques de la province offerts par le gouvernement du Canada.


Photos des chutes aux 4 saisons

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