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Les violences sexuelles et l’esclavage

Bell, «déserte de nuit sans bas ni souliers»

Il ne faut pas sous-estimer l’impact de l’esclavage sur l’imaginaire collectif, tant en termes de traumatismes intergénérationnels chez les descendants d’esclaves que d’idées déviantes et violentes dans la culture de masse.

L’imagerie associée à l’esclavage des femmes noires est sans équivoque relativement à leur sujétion sexuelle : leur oppression était encore plus totale que celle des hommes, parce qu’elles devaient aussi assouvir les désirs sexuels du maître et de ses proches. Bien des enfants et plusieurs hommes esclaves ont aussi été victimes de ces abus.

La sujétion des femmes noires et l'érotisation de leurs corps

Légende: « Comme il vous plaira. Vierges noires de Djibouti », couverture du magazine Voilà, 16 janvier 1932. © Sexe, race et colonies

Encore aujourd’hui, l’érotisation liée aux corps des personnes noires, en particulier des jeunes femmes comme Bell, souvent présentées dans des postures de soumission et avec des entraves rappelant la condition d’esclave, continue de marquer la culture, et particulièrement la pornographie.

Les personnes noires et racisées, en particulier les adolescentes et les jeunes femmes, sont régulièrement la cible d’agressions sexuelles, les agresseurs considérant leur corps comme disponibles pour assouvir leurs désirs de domination.

Intersectionnalité des motifs de discrimination

La situation de Bell expose bien la notion d’intersectionnalité des motifs de discrimination : Il s’agit d’une jeune (motif âge) femme (motif sexe) noire (motif couleur) sans biens (motif condition sociale).

L’approche intersectionnelle est utile en droits humains, car elle expose la situation particulière de vulnérabilité qui résulte de l’imbrication de plusieurs motifs de discrimination.