Léon BOLLÉE

Le Génie !

Naît au Mans le 1er avril 1870.

Coll. Daniel Levoyer

Pour se "mettre en jambes", le jeune Léon, qui n'a que 14 ans passés, se fait connaître en lançant sur l'Huisne un vélocipède nautique baptisé Berthe, sorte de pédalo avant l'heure. En 1889, afin de pallier aux nombreuses erreurs dans les calculs liés à la fonte des cloches, il met au point une calculatrice mécanique de 3 000 pièces, dite à multiplication directe, invention saluée par un Premier prix à l'Exposition Universelle de 1889. Edison aurait bien aimé le recruter... sans succès.

Machine à calculer de Léon Bollée. Musée des 24 heures, collection permanente Bollée. Photo Ville du Mans

En 1896, il invente la Voiturette à trois roues, la Tue Belle-mère, équipée de pneumatiques, premier véhicule commercialisé qui fera un tabac outre-Manche.

Léon Bollée, madame, et leur tricycle. DR Max de Nansouty, Public domain, via Wikimedia Commons

Fort de ce succès, Léon ouvre l'usine de la rue de l'Ormeau, inaugurée début 1901 et pour le Salon de Paris en août 1902, il présente une voiture de 40 CV à quatre cylindres verticaux, laissant entendre qu'il est "le nouveau Mercedes Français, ma voiture sera l'une des plus chères du monde".

Léon Bollée G3. DR Arnaud 25, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.

Trop à l'étroit, il installe en 1906 l'Usine des Sablons, route de Paris (avenue Bollée), puis s'intéresse aux ballons sphériques au point d'inviter l'Américain Wilbur Wright qui, depuis 1903, déclare voler de ses propres ailes dans les dunes de Kitty Hawk. Dans la nuit du 4 au 5 août 1908, c'est une Bollée qui tracte le plateau sur lequel est installé le Flyer sans les gouvernes de direction. Le 8 août, à 18 h 25, aux Hunaudières, Wright échappe à l'attraction terrestre en présence des pionniers de l'automobile. 

Léon Bollée et Wilbur Wright devant les établissements Bollée. DR Archives du Mans

Lors du meeting aérien, les 26, 27 et 28 août 1911, Léon Bollée est à bord du Biplan Farman piloté par Hélène Dutrieu. Près des tribunes, l'appareil s'écrase dans le public. Trois spectateurs sont touchés, l'aviatrice et le passager s'en tirent indemnes, mais le choc laissera des traces chez Léon, souffrant du cœur comme son aïeul et Amédée, son frère aîné. À Neuilly-sur-Seine, le 16 décembre 1913, il s'envole une dernière fois, ayant confié l'usine mancelle à Henri Péan, son fidèle second.                                 

Il décède prématurément le 16 décembre 1913 à 43 ans. Qu'aurait-il bien pu inventer d'autre en vivant un quart de siècle de plus ?