
L'Hôpital général et l'évolution du site de 1693 à 1871
Première institution de charité de Ville-Marie
Cinquante années après sa fondation en 1642, Montréal a l’apparence d’un grand village. On ne compte pas beaucoup plus de 1 000 habitants dont les maisons sont situées sur les rives du Saint-Laurent, le long des rues Saint-Paul et Notre-Dame. Les Pères Jésuites sont les premiers à desservir Montréal à titre de missionnaires, mais ils n'établissent pas de résidence permanente. La Congrégation de Notre-Dame instruit les jeunes. L'Hôtel-Dieu, dirigé par les Sœurs Hospitalières de Saint-Joseph, prend soin des malades. Le Séminaire Saint-Sulpice assure les services spirituels. Il manque à Ville-Marie un refuge pour les orphelins, les infirmes, les personnes âgées et les démunis de toutes sortes.

Construit à partir de 1693-94 par François Charon (fondateur des Frères hospitaliers de la Croix et de Saint-Joseph, appelés plus communément les « Frères Charon »), l’Hôpital général est la première institution de charité de Ville-Marie. On y accueille les nécessiteux (pauvres, personnes âgées, handicapés, etc.) en leur fournissant des soins de base, un toit et de la nourriture.
Les Soeurs grises prennent la relève
Plus d'une cinquantaine d'années après, rencontrant des problèmes financiers et de recrutement, les Frères Charon, réduits au nombre de deux, ne peuvent plus diriger l’hôpital et leur démission est acceptée. En accord avec M. Louis Normant de Faradon, p.s.s., Mgr de Pontbriand, évêque à Québec, M. de Beauharnois, gouverneur général, et l’intendant Hocquart confient provisoirement la direction de l’hôpital à Marguerite et à ses compagnes, le 27 août 1747. L’état de fatigue et de faiblesse de Marguerite l’oblige à se faire conduire en charrette à l’hôpital, le 7 octobre 1747, en la fête du Saint Rosaire. C’est bien une maison en ruine qu’il faut relever. L’effort conjugué des compagnes et des pauvres permet de rendre la maison au moins habitable, mais de multiples réparations s’imposent tel qu’en témoigne l’inventaire des biens de l’hôpital.
Sa santé recouvrée, Marguerite dirige avec compétence cet hôpital où se côtoient toutes les formes de pauvreté. Mme d’Youville ayant fait preuve de force de caractère, d’esprit pratique et d’un inlassable dévouement, M. Louis Normant de Faradon, p.s.s., son directeur spirituel, persuade les autorités de lui confier la direction de l’hôpital. La dernière étape de la vie de Mme d’Youville sera consacrée à remettre l’hôpital sur pied, à l’administrer et à consolider la communauté qu’elle a formée.
