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Église de Saint-André

Présentation du circuit

À écouter si vous visitez votre première église. Bon circuit !

Un bout d'histoire de Saint-André

Crédit photo : Mario Ouimet

Cette élégante dame a plus de deux cents ans au compteur. Son dos n’est pas voûté et sa tête se tient toujours bien droite. Elle n’affiche que quelques rides offertes en cadeau par le temps mais maquillées avec une main délicate. La coquette église de Saint-André est la doyenne du Bas-Saint-Laurent. Elle figure aussi parmi les 30 plus anciennes du Québec. Elle le cache bien, non, sous sa tôle lisse et son chœur brillant comme un jeune premier ?


Construite sur un cran rocheux entre 1805 et 1811, cette église de campagne, au profil simple et sobre, est l’une des dernières de la vallée du Saint-Laurent à adopter le plan récollet, hérité de la Nouvelle-France et reconnaissable par sa nef rectangulaire sans transept et son chœur plus étroit. Bénoni Martin, de Saint-Louis-de-Kamouraska, et François-Xavier Boucher, de Rivière-Ouelle, réalisent les travaux. Ils plantent apparemment très bien leurs clous, puisque l’intégrité de la structure demeure remarquable à ce jour.


L’église en pierres des champs et crépi est l’une des rares de ce type à ne jamais être agrandies. Quelques améliorations sont cependant apportées au fil du temps. Une décennie après son ouverture, la sacristie est étendue et rattachée par un passage couvert. Le clocher est reconstruit en 1865 par Joseph Morin, un menuisier local. L’année suivante, les paroissiens en ajoutent un deuxième au-dessus du chœur. Un portique monumental se greffe à la façade vers 1893, selon les plans d’influence palladienne de David Ouellet, un architecte très en vue. Une statue de saint André, sculptée par l’illustre Louis Jobin, vient s’y dresser en 1895, accueillant les fidèles avec son regard franc, peut-être intimidant. 


La beauté de cette aînée n’est pas qu’extérieure. Son décor intérieur s’avère tout aussi intéressant et bien préservé. Réalisé de 1834 à 1836, il est considéré comme le plus achevé de Louis-Xavier Leprohon. Ancien employé de Thomas Baillairgé, celui-ci s’inspire de son esthétisme et de sa sobriété. Il laisse également transparaître son goût pour l’abondante ornementation, révélé à l’atelier des Écores, qui possède alors le monopole sur l’intérieur des églises montréalaises. La fausse voûte et la chaire, agrémentées de moult motifs, illustrent bien cette double identité artistique. 


Enrichie d’œuvres d’artistes réputés du 19e siècle comme autant de bijoux enfilés au cou de la belle, cette église se visite comme un musée. On y retrouve d’abord un tabernacle en bois bronzé, attribué à Thomas Baillairgé. Il s’agit de la réplique la plus fidèle de l’ancienne petite armoire de la basilique-cathédrale Notre-Dame-de-Québec réalisée par son père François en 1797.


Accroché dans le chœur en 1821, dans le dos de Jésus, le tableau Le Martyre de saint André est peint par Louis-Hubert Triaud, un fils de Français né en Angleterre et tout juste arrivé au Québec. Cette peinture fait partie des quelque 200 œuvres de peintres français saisies lors de la Révolution française et achetées par deux abbés québécois. En les revendant ensuite aux paroisses, les frères et abbés Desjardins ont participé au rayonnement de ces œuvres monumentales, qui ont servi de modèle aux artistes québécois de l’époque et ainsi contribué à l’évolution de l’art dans la province.

Crédit photo : Nathalie Le Coz

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